Nos moralistes et religieux soutiennent que moralité et santé sont choses totalement distinctes (pôles opposés). Ils sont tellement habitués à morceler l’homme et à n’envisager qu’une seule de ses parties, qu’ils sont incapables de saisir le fait que l’homme est une unité. Méprisant l’aliment, la santé et la digestion dans leurs principes supérieurs de morale, négligeant les besoins normaux corrects physiologistes du corps, ils concentrent leur « contemplations » sur ces attributs supérieurs de l’homme : la moralité, la spiritualité, la religion.
Le résultat en est un monde rempli de gens malades, indisciplinés, un monde rempli de moralistes et de religieux malades.
Les gens normaux sont équilibrés dans le contrôle d’eux-mêmes ; les gens anormaux sont impulsifs, détraqués et emplis d’habitudes mentales et physiques mauvaises. Tout système de morale qui néglige ce fait fondamental est en divorce avec la vie. Il est irréel et faux. L’absurdité monstrueuse entre les prétentions et les confessions d’un chrétien (ou d’une autre branche spirituelle ou religieuse) malade des conséquences de ses habitudes mentales et physiques, devrait mener à la réalisation du fait que la négligence du corps, conduit au malheur.

Tant que nous n’aurons pas appris que l’excès épuise le système nerveux, que, si nous envisageons le cas du malade, la suralimentation, la boisson, etc, posent un lourd fardeau sur les organes d’éliminations, que les effets «énervants» des excès de toutes sortes réduisent le pouvoir fonctionnel des organes d’excrétion, nous ne serons pas en état de comprendre comment nos plaisirs bâtissent nos maladies. C'est un gros travail pour les organes d’excrétion d'une personne saine et vigoureuse, de se débarrasser de ses excès habituels. C’en est un bien plus gros encore pour les organes d'une personne malade ; alors tout simplement ces organes ne pouvant faire leur travail, ne le font pas.

Tous les organes du corps sont des parties d'un grand tout et ils sont tous combinés et travaillent en parfaite harmonie. Ils s'entraident donc mutuellement. Mais en raison même de cette intégration et de l'unité de l'organisme, Tout dommage fait à une de ces parties, par surmenage ou abus, nuit également à l'organisme entier. Quand les habitudes énervantes de l'esprit et du corps on réduit l'énergie nerveuse au point où la sécrétion est insuffisante à la satisfaction des demandes de la vie, la digestion est incapable de préparer l’aliment pour l'absorption et l'assimilation, le corps entier souffre d'un affaiblissement de la nutrition. Si les poumons sont atrophiés au point d'être incapable de satisfaire aux demandes du corps en oxygène, l'organisme entier et pas seulement les poumons, se trouve obliger de fonctionner à un niveau physiologique plus bas. L'individu ainsi atrophié est un infirme physiologique. Si le cœur est affaibli et se trouve incapable d'assurer une circulation normale, l'organisme dans son entier souffrira de cette circulation déficiente.

L'homme qui mange modérément, digère de son aliment facilement, est bien nourri et se trouve toujours dans les conditions de servir les besoins de la vie. Le mangeur intempérant surcharge sa digestion, est pauvrement nourri et se trouve fréquemment dans une condition qui rend impossible la satisfaction des besoins corrects de la vie. Un long cortège de malheur suis le sillage de la gloutonnerie habituelle.
Toute habitude de l'esprit et du corps qui dépense l'énergie nerveuse plus rapidement que le temps nécessaire à son auto-génération, établira un standard d’efficience physiologique qui est en dessous de la normale. Comme l'habitude ou les habitudes sont continuées et que, par voie de conséquence, le standard physiologique a sérieusement baissé, la santé devient de plus en plus précaire. L’individu développe une crise influencée par toute modification de son milieu habituel. A moins que ce gaspillage d'énergie nerveuse ne cesse, l'individu s'affaiblit de plus en plus, jusqu'à ce que finalement un point est atteint où il ne se trouve plus capable de remplir les fonctions de la vie. Ses amis peuvent ne pas reconnaître le fait, mais il a commis un suicide par ses excès. Quand nous refusons de reconnaître l'existence de limitations et persistons à les outre passer d’une manière habituelle, nous nous tuons nous-même, ainsi certainement que si nous prenions un fusil et si nous tirions une balle dans la cervelle. Le processus est seulement un peu plus long.

Les récompenses et les punitions de la vie sont desservies par nous même (auto-administration). Le trône du jugement est au-dedans de nous même. Les diables, les purgatoires et les enfers qui nous punissent sur des résidus théologiques. Le développement et la destruction sont automatiques ; ce sont des auto-actions. De même que nous n’avons pas besoin du diable des enfers pour nous punir de nos violations habituelles des lois de la vie, de même nous n'avons pas besoin des microbes et des virus pour nous administrer le fouet. La conséquence de chaque violation, de chaque loie de la vie, est inhérente et concurrente à la violation elle-même.
Ce n'est pas dans une vie future, mais dans le présent (la vie réelle vivante de tous les jours) que nous récoltons les récompenses et les punitions de nos actions.
L'homme sent ses états corporels et mentaux varier à la suite d'un repas copieux, à la suite et pendant une période d'abstinence, après l'ingestion d'une tasse de café ou d'un verre de vin, à la suite d'une nuit de sommeil reposante ou d'une nuit sans sommeil, à la suite d'une période d'excès sexuels ou à la suite d'une période d'abstinence. Trop souvent il a mal interprété ses sensations et ceci l'a conduit à des pratiques mauvaises anti-physiologiques. Tous les plaisirs sensuels, qu’on s’y livre avec excès, deviennent énervant.
Si l'inconfort de l'excès est poussé si loin que la voix d'avertissement ne soit pas entendue, l'organisme peut être maltraité à un point où survient l'issue fatale.
On remarquera que je n'ai pas parlé des effets énervants de la stimulation par poisons reconnus. Ceci parce qu'il n'est pas correcte de discuter de nos limitations en absorbant ces toxiques. Nous avons des limitations seulement dans ces activités qui sont des parties normales de la vie. Toutes les autres devrais en être exclues. Je profite de l'occasion, pour attirer l'attention sur le fait qu'un organe rendu moins sensible par la stimulation, devient moins efficient dans l'exercice de ses fonctions. Un organe ou un organisme fouaillé jusqu'à l'impotence par l’emploi de stimulants, est aussi réellement énervée qu’un organe ou un organisme épuisé par le dépassement habituel des limitations de la vie dans la jouissance des pratiques cependant saines et normales (physiologiquement). C'est la raison pour laquelle il est nécessaire d'arrêter la pratique de tous les stimulants si l'on désire rendre la santé à l’être en état d’énervation et de toxémie.

Le repos purge l'esprit et le corps. Quand les repos mentaux, physiques et physiologiques sont accordés, la secrétion et l'excrétion redeviennent bientôt normales. Le premier signe favorable sera une régulation du cœur, la relaxation dans les muscles, la moiteur de la langue et des lèvres,  et les reins augmenteront leur travail d'éliminations. Le repos économise la dépense d'énergie nerveuse, permettant ainsi de rétablir la secrétion et l’excrétion. Les changements dans l'état du corps, évident dans la peau, les yeux, la bouche, le balai, la langue, l'efficience accrue de la digestion, la régulation des fonctions intestinales, le sommeil, et la sensation augmentée de force et de bien-être, la disparition des symptômes, etc. montrent que la condition du corps entier est affecté par ces simples changements.

Si le surmenage, les excès sexuels, la suralimentation, la stimulation habituelle, l’irritation émotionnelle, l’excès de bains d’eau et de soleil… et une foule d'autres pratiques énervantes surtaxent les pouvoirs vitaux de l'individu en bonne santé et fort, combien davantage surtaxeront-ils le faible et son organisme affaibli ! Si le système digestif du fort et du robuste a des difficultés à assimiler tant bien que mal les trois repas journaliers classiques de tout le monde, combien plus difficile ces opérations digestives seront pour le faible et le malade, à quantité et qualités (mauvaise) égales d’aliments ! Cependant on conseille à ces malades de manger davantage, plutôt que de diminuer la quantité, dans le vain espoir de les fortifiées. Malgré des siècles d'expérience derrière nous, nous ne paraissons pas avoir appris que la suralimentation ne produit pas la force et le pouvoir fonctionnel. Elle ne maintient même pas la force déjà existante. Une abondance de bons aliments pour fortifier le malade est une erreur même beaucoup plus grande que la même suralimentation pour maintenir la force de l'individu rigoureux. C'est la même erreur fondamentale dans ces deux exemples opposés, mais chez le faible et le malade, les effets sont plus immédiats et plus prononcés.

Quelque soit le bénéfice retiré d'une simple amélioration dans le mode de vie, l'expérience et l'observation ont démontré l'insuffisance d'une correction unique que dans la reconstruction d’un standard élevé de santé. Une correction complète de la totalité du mode de vie s’avère essentielle dans ce but. La permanence des résultats est en fonction de la continuité indéfectible de ces pratiques régénératrices. Une période de repos mental, physique et physiologique pour la restauration de l'énergie nerveuse et la purification du sang, de la lymphe et des tissus, ne donnera que des résultats temporaires, si l'individu, par la suite, ne vis pas dedans de ses limitations propres. Tout retour aux excès antérieurs verra implacablement se rétablir l’énervation et la toxémie, avec les affaiblissements précédents de fonctions, avec en plus de nouvelles. L’implacabilité des lois permet d’affirmer que tout ou tard des changements structurels suivront le sillage des affaiblissements fonctionnels.

« La Nouvelle Hygiène » Juillet-Août 1957
Traduit de « Dr Shelton Hygienic Review »
Par Georges Wyckaert.

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