On déploie actuellement un effort pour montrer que la circoncision, non seulement prévient le cancer des organes de la reproduction chez les mâles, mais qu'elle prévient aussi le cancer de l'utérus chez les femelles. Comment et par quel moyen elle prévient le cancer de l'utérus chez les femmes est un mystère profond pour les naïfs. Parmi ces derniers, le Dr A. Ravich rattaché à l'Institut de Biologie Appliquée (où la biologie n'est pas appliquée) est cité comme affirmant que chaque année 25.000 personnes meurent aux Etats-Unis du cancer de la prostate, du cancer de la verge, de l'utérus ou du col de l'utérus. Puis tout d'un coup, il ajoute « Presque tous ces cas sont rencontrés chez des groupes qui ne pratiquent pas la circoncision ». Et pour conclure il dit : « II est très possible de prévenir presque tous ces cas si la circoncision est pratiquée dès l'enfance universellement. » Ahurissant !

Voilà donc un tissu de mensonges. En effet, le cancer de la verge, de l'utérus et de la prostate est aussi fréquent chez les Juifs, par exemple, que chez les autres. Mais Ravich ne prétend même pas que de tels cancers n’existent pas parmi les groupes circoncis. Il affirme uniquement que la plupart des cas de mort auraient pu être prévenus par la circoncision de tous les bébés mâles avant qu'ils quittent l'hôpital. C'est bien le rêve du corps médical qui voit dans la généralisation de l'opération une source lucrative de profits.

Il n'y a pas de doute que le plus grand nombre de morts par le cancer de ces parties se rencontre parmi les groupes qui ne pratiquent pas la circoncision.
Mais il n'en demeure pas moins vrai que sur une population de plus de cent cinquante millions(1), les groupes qui pratiquent la circoncision ne dépassent pas les six millions. Ils constituent donc moins d’un sur vingt-cinq du total de la population de ce pays.

L'autre mensonge contenu dans cet article est un mensonge bien vieux, car il a été démenti si souvent depuis cent ans, qu'il est étonnant de le voir encore sorti de sa cachette et exposé en parade devant le public : la circoncision, dit-on, protège contre les maladies vénériennes. Cette fois-ci cette affirmation est soutenue par le Commandant John A. Millspaugh, de l'Hôpital Naval Américain à Pensacola. Celui-ci a « trouvé » que les personnes circoncises « sont considérablement moins sujettes à être attaquées par la syphilis, la gonorrhée et d'autres maladies vénériennes », que les non-circoncises.

Tous ces mensonges sont bien démentis dans le chapitre sur la circoncision qu'on trouvera dans la nouvelle édition de l'ouvrage The Hygienic Care of Children(2). Dans plusieurs articles passés dans cette Revue, j'ai aussi montré que ce sont des mensonges. Mais il ajoute encore une nouvelle affirmation en faveur de la pratique de ce rite ancien et superstitieux. Cette fois-ci, il va à Londres pour chercher un soutien. Un chirurgien, M. Clifford, affirme que l'irritation chronique sous un prépuce serré et non circoncis peut aboutir à une variété de maladies graves allant de l'épilepsie à la hernie. Si l'absence de circoncision peut causer l'hernie, alors nous sommes bien mal faits...

Clifford sait sur la cause de l'épilepsie autant que sur celle du simple rhume, c'est-à-dire rien du tout. « La circoncision, écrit-il, empêche tous ces maux et ces inflammations malignes dès le début. » Il serait intéressant qu'il nous explique la fréquence très grande de l'hernie parmi les Hébreux.

Rasky essaie d'avoir un soutien quasi-religieux pour ce rite primitif et magique en mentionnant que son fils était circoncis par un gynécologue catholique. Et après ? A-t-on jamais insinué que les gynécologues catholiques ne sont pas capables de commettre un impair ? Ils sont aussi saturés de l'esprit commercial que tout autre groupe de médecins ou de chirurgiens. L'église à laquelle un médecin appartient a peu d'influence sur sa pratique comme n'importe qui peut le constater par lui-même par une simple enquête. Les hommes qui adorent Dieu le dimanche et l'Argent les six autres jours de la semaine ne sont pas guidés dans leurs pratiques par les psaumes chantés à l'église.

Rasky essaye très peu de détacher la circoncision de ses caractéristiques rituelles. Il dit que certains parents modernes ont un parti pris contre la circoncision parce qu'ils ont entendu qu'elle représente un symbole religieux. Elle est, en effet, pratiquée par les musulmans et par les juifs. Mais Rasky pense avec les biologistes, les physiologistes, les sexologues, les anthropologistes et les psychologues, que si on peut montrer qu'une pratique est répandue et ancienne, donc elle devient normale. C'est ainsi qu'il découvre que la circoncision, loin d'être limitée à ces deux groupes religieux, « est à peu près l'opération la plus ancienne enregistrée dans les annales médicales ». Mais la circoncision est un acte chirurgical, et non médical, et son usage ancien n'a aucun rapport avec le prétendu art curatif. Gardons-nous donc de commettre une erreur dans les registres et employons correctement les mots pour ne pas décevoir nos lecteurs.

«Selon l'étude des momies qu'on a tirées de sous terre le long du Nil, et selon les écrits d'Hérodote, les Egyptiens employaient, il y a 7.000 années de cela, un scalpel de pierre pour circoncire leurs grands prêtres.»
Celui qui lit cette phrase sans saisir sa signification religieuse (magique) doit être bien aveugle.

Rasky se réfère souvent aux rites superstitieux comme rites de tribus. Or cela n'est pas juste. En effet, au début cette pratique est trouvée parmi les Egyptiens, puis elle se répandit dans le monde, y compris l'Australie et même en Amérique. Partout, en tout temps et sous toutes les latitudes, elle était associée avec la magie et la superstition et non avec la tribu. Le fait qu'elle soit un rite ancien, au lieu d'attester sa vertu, la rend suspecte. Née durant les jours de grande ignorance et de superstitions, lesquels sont souvent qualifiés d'«obscurité de l'Egypte», il est peu probable qu'elle possède une base dans la réalité pour justifier sa continuation.

Les statistiques :

Il n'existe pas un seul avantage attribué à la circoncision qui ne puisse être mieux accompli et plus sûrement par la propreté ordinaire. Les médecins et les chirurgiens sont bien conscients de cela, mais la propreté ne leur rapporte pas de l'argent ! Comme le cancer de la verge est souvent rencontré parmi les peuples circoncis, les propagandistes de ce rite disent qu'il prévient le cancer s'il est pratiqué dans l'enfance ; et que les tribus qui le pratiquent à la puberté, et celles qui le pratiquent juste avant le mariage ne préviennent pas le cancer. Tout cela est bien absurde et l'on a recours à cette troisième catégorie de mensonges que sont les statistiques ; les statistiques sont aussi fausses que les hommes qui les préparent.

Dans certains milieux, on a proposé de rendre la circoncision de tous les bébés mâles obligatoire. Les gangsters médicaux sont toujours pressés d'appliquer par la force leur programme pour amasser de l'argent tiré d'un public peu enthousiaste. S'ils ne peuvent pas les forcer à courir vers leurs cliniques ou leurs boutiques de bouchers à l'aide de mensonges et de demi-vérités. ils essayent d'employer la force de la loi dans le même but. Cette action provenant de la Faculté des empoisonneurs médicaux et des bouchers chirurgicaux doit être combattue à chaque étape de son progrès.

Soutenir la circoncision en faisant appel aux pratiques magiques des sauvages est une chose typique des sexologues, médecins, physiologistes, anthropologistes, psychologues, etc., qui cherchent toujours dans les selles de l'existence les normes valables de la vie. Que la circoncision, qu'elle soit pratiquée par les noirs africains ou par les hébreux civilisés, soit une relique de la magie primitive, un sacrifice du sang tirant son origine dans le passé sombre et oublié, et non comme une pratique hygiénique, non comme une procédure médicale, mais comme un rite superstitieux suppose avoir un effet sur les dieux de la tribu. Cela est bien connu de tous les anthropologues. Même le légendaire Abraham, le Romulus des Hébreux, qui selon Rasky avait adopté la circoncision en l'an 1713 avant l'ère chrétienne, considérait le rite comme étant «le signe d'un contrat» entre lui et Dieu.
Comme c'était une ancienne pratique chez les peuples où Abraham vivait au moment où il l'avait adoptée comme «un signe», il est peu probable qu'il l'eut adoptée de Dieu. De toute façon, plusieurs centaines d'années plus tard, Moïse n'était pas circoncis. Les Hébreux avaient apparamment abandonné ce rite.

Le plaisir sexuel :

Suivant le chemin médical, Rasky trouve qu'on a découvert un autre usage pour la circoncision. Les « épouses rusées » des Kaffirs et des Swahilis d'Afrique, pour employer ses termes, reconnaissent que la circoncision a une « valeur sexuelle ». Il cite un certain Dr Harold Spreet dans Obstetrics and Gynccology disant que ces femmes de tribus africaines étaient sans doute les premières à reconnaître que la circoncision aboutit à « la diminution de la sensibilité de la tête découverte de la verge ».
Spreet nous dit ensuite que ces femmes : 
« réclamèrent la circoncision pour leurs époux pour cette raison, dans le but de prolonger la durée de l'acte sexuel. »
Rasky est sans doute un ignorant, mais je suis sûr que Spreet sait que cette «raison» invoquée est fictive. Les détails à ce sujet se retrouvent dans mon livre Hygienic Care of Children. Il est certain que les forces sexuelles de l'homme n'ont nullement besoin d'être estropiées, fut-ce pour le plaisir des peuplades africaines, et la création d'une impuissance relative ne devrait pas devenir comme un but désirable de l'homme civilisé.
Je suggère, par contre, qu'au lieu de circoncire tous les bébés mâles, nous châtrions tous les médecins et les chirurgiens, de même que tous leurs propagandistes payés pour écrire.

La circoncision obligatoire ?

« Si les experts médicaux étaient écoutés, poursuit Rasky, tous les préjugés seraient écartés, de sortes que la circoncision deviendrait obligatoire pour les 40 % restant des bébés mâles. » Auparavant, il avait affirmé que 60 % de tous les bébés mâles nés dans les hôpitaux privés Américains étaient soumis à ce rite superstitieux quelles que soient les croyances religieuses des
parents « et malgré notre vague compréhension des raisons qui justifient cette opération.

Quelles sont les raisons qui justifient cette opération ? Pourquoi les sauvages l'accomplissent. Nous savons pourquoi les Hébreux tiennent à cette ancienne pratique. Nous savons aussi pourquoi le corps médical veut pratiquer cette opération sur tous les bébés mâles. Nous savons enfin pourquoi les Musulmans ont recours à ce rite sanglant et inutile. Mais pourquoi autorisons-nous cette opération nous-mêmes ? Nous avons lu les mensonges portés dans les statistiques et les « observations en clinique » par lesquels les « spécialistes médicaux » essayent de nous influencer pour nous soumettre à ce rite superstitieux. Nous savons qu'ils essayent de nous convaincre que c'est une pratique « hygiénique ». Mais nous savons que derrière leurs efforts se trouve le désir de gagner davantage d'argent. S'ils en avaient le pouvoir, les misérables coquins auraient rendu cette opération obligatoire, comme ils l'auraient fait pour la plupart de leurs dangereuses pratiques. Autrefois, il était obligatoire de croire (ou de prétendre de croire) en certaines absurdités théologiques, sinon l'Inquisition punissait par le fer et le feu. Par la suite, l'humanité mit fin à cette pratique et enleva aux prêtres ce pouvoir.
Avec cet exemple devant nous, nous serions fous de permettre l'exercice d'un tel pouvoir arbitraire par l'autre branche de magie des anciens vaudous(3).

Dr Shelton’s Hygienic Review traduit par A. Mosséri de Vol. 16 N.8

Notes
(1) La population des U.S.A. était à ce moment de 150.000.000. — Albert Mosséri.
(2) Ouvrage du Dr Shelton actuellement épuisé
(3) L'autre branche de la magie des anciens vaudous, c'est la médecine dont le Dr Shelton parle. - Albert Mosséri.

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1 Commentaire


Laveganfamily : 2 months ago

Ce serait bien de vous en tenir à l alimentation vivante. Bien à vous