Le cancer est défini comme une tumeur maligne. Il y en a deux variétés principales.
Le carcinome ou épithéliome est le cancer du tissu épithélial, ou une forme spéciale d'hyperplasie de ce tissu ; Le sarcome est le cancer du tissu conjonctif.

Le carcinome et le sarcome sont probablement dus tous deux aux mêmes causes agissant sur des tissus différents. Ils sont considérés surtout comme des « maladies » de l'âge mûr et de la vieillesse. On les trouve rarement chez les enfants et les jeunes gens, et il doit y avoir à cela une bonne raison, c'est que leurs habitudes n'ont pas eu le temps de les produire. Quelques cas seulement se développent chez les enfants qui doivent y être prédisposés et leur nombre s'accroît avec l'âge, du fait sans doute que les causes qui produisent la maladie continuent à s'accumuler et à croître à mesure que l'âge avance. Les causes produisant le cancer prennent du temps pour agir, c'est pourquoi il devient plus commun avec l'âge.

Dans l'enfance et l'adolescence, l'irritation dans le corps est accompagnée d'une intolérance. Un jeune organisme résiste vigoureusement aux causes d'irritations et les rejette. Cela donne lieu à des fièvres, inflammations, soudaines et violentes, et fréquemment de courte durée, si caractéristiques de l'enfance.

A mesure que l'âge avance et que les tissus durcissent, ils cessent d'offrir une aussi violente résistance à l'irritation, ils la tolèrent de sorte que les « maladies » de l'âge mûr et avancé ne sont pas aussi aiguës que dans l'enfance et la jeunesse. La cause toujours croissante commence à affaiblir et déprimer les pouvoirs du corps. Les pouvoirs ordinaires de résistance aux toxines et aux irritants, et les moyens habituels de disposer du surplus de nourriture sont altérés, et le corps est obligé de se défendre et de disposer de ses surcharges alimentaires par des moyens plus ou moins inhabituels. Les nouvelles croissances de toutes sortes sont composées de cellules, et pour qu'elles croissent il faut qu'une quantité de nourriture plus grande qu'il est nécessaire soit fournie pour l'entretien du tissu normal de l'endroit affecté. Il semblerait qu'une longue super-irritation locale due à l'irritation ou obstruction circulatoire, soit nécessaire pour la production immédiate d'un néoplasme.

Les cellules cancéreuses manifestent une résistance marquée aux facteurs toxiques auxquels les cellules normales n'offrent qu'une légère résistance. Ne semble-t-il donc pas plus que probable que le changement qui se fait dans les cellules normales quand elles sont transformées en cellule cancéreuses, soit un effort d'adaptation ?

Les cellules cancéreuses, comme les cellules tumescentes, étaient à l'origine des cellules ordinaires qui ont assumé ou se sont vu imposer une intensité accrue de prolifération. Il y a seulement une transformation graduelle de cellules normales en cellules cancéreuses. Les tissus cancéreux gardent les caractéristiques des tissus dans lesquels (ou desquels) ils se développent. Il n'y a pas de ligne de démarcation entre du tissu normal et du tissu cancéreux — les deux sont un en réalité.

Les cellules cancéreuses ne croissent pas plus rapidement que ne le font les cellules normales régénératrices, mais elles continuent à croître longtemps après que celles-ci sont revenues à l'équilibre du tissu normal. Pendant ce processus, les cellules, pas à pas, assument des caractéristiques qui sont très semblables à celles des cellules régénératrices et même plus accentuées, et au lieu de revenir après un temps à l'équilibre des cellules normales. Elles tendent à conserver ces caractéristiques accentuées comme dés possessions fixes.

Symptomes

Il y a trois symptômes de diagnostic du cancer. Ce sont :
  1. l'induration,
  2. la douleur,
  3. la cachexie.
Tilden dit :
“ Sans cachexie le cancer n'a pas encore évolué. Entre l'induration (une tumeur durcissant), la douleur, et la cachexie, il y a un no man's land pour le diagnostic. ”
Tout durcissement de tissu appartient à la famille du cancer. Tout ce qu'il faut pour le transformer en cancer, est d'accroître la condition toxémique du sang au point de désintégrer un tel tissu.

Etiologie

Le cancer est un problème d'importance biologique générale, car les tumeurs aussi bien que les cancers se produisent aussi bien dans les plantes que chez les animaux.
Le fait que le cancer se manifeste chez beaucoup d'animaux, mammifères, oiseaux, poissons, etc..., est suffisant pour réfuter la théorie qu'il est essentiellement lié à la civilisation. Quand nous voyons une localisation du cancer plus commune chez un peuple que chez un autre, nous l'expliquons par la différence dans leur mode de vie. Mais sa présence chez pratiquement tous les peuples prouve que la cause fondamentale n'est pas une habitude ou une pratique particulière.
Une grande part de notre perplexité en ce qui concerne le cancer vient de notre incapacité de voir les choses dans leur ensemble et dans leurs proportions convenables. Le cancer n'est pas quelque horreur spontanée soudainement abattue sur nous, sans provocation de notre part. C'est le dernier geste d'une longue chaîne, de crises toxémiques dont aucune n'est spécifique du commencement à la fin. Un rhume est l'alpha d'une chaîne de développements pathologiques dont l'oméga est le cancer. Dans le volume 6 d'Hygienic System (Orthopathy) d'Herbert Shelton, nous retraçons l'évolulion du cancer par les stades suivants plus ou moins définis :
  1. irritation,
  2. inflammation,
  3. induration;
  4. ulcération,
  5. fongosité, c'est-à-dire cancer.

Le Dr Claunch établit les mêmes phases comme suit : inflammation, hypertrophie, hyperplasie, atrophie et malignité, qui est le cancer.
Il est bien de comprendre que ces phases ne sont pas nettement définie, et séparées, mais se fondent graduellement l'une, dans, l'autre. Les phases 3 et 4 dans chacune de ces classifications correspondent au pré-cancer, tandis que la cinquième de chacune d'elle comprend aussi bien le « Cancer précoce » que le cancer. Le Dr Claunch, comme moi-même (Herbert Shelton); avons rendu clair que le cancer a son commencement avec la première faille dans le standard idéal de santé, que c'est le point final dans une chaîne de causes et d'effets, dont chaque maillon naît du précédent et prépare le suivant. Il y 'a une continuité ininterrompue du premier écart de santé à la terminaison finale dans la mort par cancer avancé.

Nous entendons dire de tous côtés que la cause du cancer est inconnue et cela nous permet d'ignorer le fait évident que toute influence qui affecte la santé générale contribue à la production de cancer. L'histoire du cancer devrait être reprise à ces premières déviations de santé qui sont si clairement dues à nos imprudences dans l'alimentation et la façon de vivre en général. Le cancer est précédé par le cancer précoce, celui-ci par le pré-cançer, et ce dernier est précédé par des années de facteurs pathogènes et de développements pathologiques.

Le fait de ne pas reconnaître la continuité et l'unité des développements pathologiques et de ne pas saisir le principe d'évolution pathologique explique le chaos dans les théories et les pratiques présentes. Jusqu'à ce que nous ayons appris à reconnaître la conjonction génétique entre le cancer et le développements pathologiques précédents et concomitants dans le corps, et à comprendre qu'ils reposent sur un substratum commun de causes en dehors du corps lui-même, nous ne serons pas en position d'affronter intelligemment les problèmes de la prévention du cancer ou ceux, de son traitement.

Le cancer n'est pas un cancer au commencement. C'est la fin d'une série de crises toxemiques, débutant dans la jeunesse, même dans l'enfance et finissant dans une pathologie de tissu induré qui finalement s'ulcère et suppure, et il est marqué par une cachexie accablanteune anémie, provenant de la septicémie chronique.

Le pré-cancer peut être un ulcère gastrique, une fistule, un sein induré, une cystite chronique ou le moignon d'une tumeur enlevée, ou une brûlure par rayons X ou par radium, etc. Entre le stade pré-cancéreux et le cancer précoce, il n'y a pas de ligne distincte de démarcation, on ne peut pas les distinguer l'un de l'autre. Il n'y a pas non plus de délimitation entre le stade, pré-cancéreux et celui qui le précède immédiatement. Un développement est le fils d'un autre, et nous ne devrions pas oublier la parenté.

Pourquoi l'ulcère de l'année dernière devient-il, le cancer de.cette année ? Pourquoi la fistule devient-elle cancéreuse ? Qu'est-ce qui produit ce changement ? C'est de toute évidence une évolution de la condition précédente, produite par les mêmes causes, peut-être intensifiées, qui ont produit la condition antérieure.
N'oublions pas les antécédents de la condition pré-cancéreuse. Supposons que le « cancer précoce » et puis le « cancer » se soient développés d'un ulcère gastrique : d'où venait l'ulcère ? Il s'est développé à partir d'un durcissement préalable à l'emplacement d'une inflammation chronique qui, selon toute vraisemblance a commencé comme inflammation catarrhale (ici gastrite). due à la suralimentation en hydrates de carbone (amidons). Le cancer est simplement la dernière phase dans une longue série de développements. Quand la variation du type normal de tissu dans lequel naît la tumeur dépasse une certaine ligne plus ou moins définie, la tumeur devient maligne. Cela représente simplement un autre degré ou un pas de plus dans l'évolution pathologique, et non pas l'addition de quelque nouvel élément. C'est le résultat de l'action continuée des causes originelles déterminantes.

Il n'est pas possible d'apprendre la causalité aussi longtemps que la pathologie ignore toutes les origines, aussi longtemps que nous ignorons les formes précoces ou phases de pathologie, et étudions seulement ses points finaux. Dans ces phases précoces de pathologie, qui sont dues si tangiblement à nos imprudences, repose l'essence de la pathologie en général. Comprendre les simples déductions impliquées là, c'est savoir le grand secret de la santé, sujets que la science courante préfère ne pas com- prendre.
Le cancer, dit Tilden, n'est rien de plus au début, que du catarrhe chronique.

A suivre ...

Traduit du Vol. 7 par Mlle Th. Vacherot, et révisé par A. Mosséri.